Je me nourris de tes mots asémentèmes semés aux quatre-vents, prends
l’énergie de ton désarmant brouillard de désespoir dans ton regard...
Je me délecte de tout tes gestes désarticulés, même s’ils ne sont pas à
mon égard, et s’ils pourfendent en vain les moulins de Don Quichotte...
Je
m’auto-perfuse tes souffrances, m’inocule avec béatitude tes douleurs
ardentes pour qu’elles te soient moins insupportables....
En moi se propagent tes afflictions, elles coulent lentement dans mes veines, elles sont ma dope, mon héroïne...
J’ai tellement mal... Et si j’aime cette géhenne, je crains le manque bien plus encore...
Si pour que tu sois heureux, je dois être accro à ton malheur, je souhaite que mon sacrifice te soit salvateur...
Suicidaire
overdose... Piquée d’alcool et de misère, la mort me prend aussi
follement que toi, orgasmique surdose de tes angoisses obsessionnelles,
je m’étouffe inexorablement dans la vase de tes calvaires.
Le
foyer incandescent de ta douce folie schysophrénique me brûle toute
entière dans une combustion spontanée intérieure, réduisant en cendre le
peu qu’il restait de ma virginité mentale...
Asthénique fatalité
que cette ostensible violence, exécration de l’amour rose bonbon qui ne
rime à rien, voilà comment je m’oblige à chérir nos insensibles
sentiments.
J’assume désormais cette bestialité, et ton inaptitude
aux émotions que la pureté de l’amour peut procurer. Tu aimes en
haïssant toute forme d’amour, en te haïssant toi-même, laissant part
belle à tes vieux démons qui aujourd’hui m’entravent et me mutilent de
leurs tentacules de lames, et me font avaler goulument cette cigüe
bienfaitrice qui t’émancipera de ta damnation.
Ta profession de foie me tourne la tête, mes yeux se troublent dans un coma éthylique sublimino-paradisiaque...
Ta
disgrâce est mon opium, je suis camée jusqu’à l’âme... Emplie de ta
scarification purulente, suintant la désolation et le chaos...
Ton
amphigourique envie de toujours tout anéantir a fini par me séduire, et
me voilà perdue, damnée, mais enchantée de l’être... Ton macrocosme
torturé m’éloigne de cette vie si insignifiante et sans relief... Me
voilà aux portes de l’enfer... Tes paradis articifiels tentent de
m’enjôler, tel le chant d’une sirène à la langue de serpent...
Annihilant les derniers relents d’amour propre de l’ombre de moi-même...
Je me donne entière à tes ténèbres dipsomaniaques, me laissant dévorer par leur exhalaison...
Quand
enfin je m’abandonne à cette narcose salutaire, détruite, bercée par
des relents de méthadone-tord-boyaux, soulagée, je me demande si je
tiendrais autant que subsistera ce mal en toi, et si je puis seulement
le briser de mon amour... Ou encore si je t’aimerais malgré ta guérison,
ou même si je te la souhaite... Car mon amour, je sais que tu ne
m’aimeras sans doute jamais autant que pendant tes moments d’aliénation
éthéromane... Alors, démollis-moi, massacre-moi, brise-moi... Jusqu’à ce
que l’amour nous sépare...
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