J’ai abandonné l’idée de t’atteindre, d’effleurer ne serait-ce que
tes rêves, de toucher du doigt ta divine perfection. J’ai cessé de
croire que tu saurais un jour que je suis là, si près, et si loin à la
fois.
Je n’ose plus imaginer que je ne te serais plus
transparente, que tu saurais voir en moi celle que tu attends... Puisque
tu ne m’attends pas...
J’empêcherais désormais mon
coeur de battre la chamade lorsque tu apparais, je l’étoufferais pour ne
plus qu’il pleure ton absence.
Je tuerais mon amour avant qu’il ne t’étreigne et que tu le repousses.
J’aimerais alors la souffrance de ton désamour, puisqu’il en est ainsi, puisque tes yeux refusent de me voir.
Adieu
donc, cher Ange, je te quitte sans avoir pu t’aimer comme je l’aurais
voulu. Va au gré du vent, laisse-le t’emporter loin de moi.
Je
fermerais les yeux, alors, dans un sommeil sans fin, mon coeur en
berne, ne laissant en vie de moi qu’une entité errante, cherchant une
âme à aimer pour l’éternité...